MANIANGA DEPAUL Célé

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Expérience de collaboration entre ONG et anthropologues Cas d’Ebola dans la province de l’Equateur, DRC

Référence bibliographique:

MANIANGA DEPAUL Célé, «Expérience de collaboration entre ONG et anthropologues Cas d’Ebola dans la province de l’Equateur, DRC», Le Carrefour Congolais, 1,  2019, p.105-113

 

Introduction

Les zones de santé rurales de Bikoro, Iboko et la zone de sante urbano-rurale de Wangata où a été déclarée l’épidémie de la maladie à virus Ebola (MVE) sont dans la province de l’Equateur. En effet, des cas d’Ebola confirmés y ont été détectés, et l’épicentre de cette maladie était partagé entre la Zone de santé de Bikoro et Iboko

Dans cette contrée, la population vit essentiellement de la pêche, de la chasse et de la cueillette. La pratique de l’agriculture est très faible malgré l’abondance de la pluie et la fertilité apparente du sol. L’une de grandes caractéristiques de cette contrée reste sa forêt. Une forêt très dense qui renferme une flore et une faune avec des essences recherchées et variées. La malnutrition des enfants est chronique et la quarantaine imposée à cause de l’épidémie n’a fait qu’aggraver une carence alimentaire déjà sévère dans la communauté. La population se nourrit principalement des feuilles de manioc accompagnées de la chikwang et la viande de gibier et le poisson en provenance de la chasse et de la pêche.

Les principales langues parlées sont le Lontomba, Ekonda, Mongo, et le Lingala (langues véhiculaires). Comme dans la plupart de cas en RDC, on y trouve plusieurs religions. Il est utile de souligner que le territoire de Bikoro est le fief du chef spirituel Ebale Mbomge.

Comme nous le savons, la RD Congo reste l’un des pays où les rebellions déstabilisent la bonne marche des institutions. On en est très loin d’y remédier car les grandes puissances se souciant finalement peu de ce qui se passe en RD Congo. (Pourtier 2009).

Depuis plus de deux décennies, le pays est devenu un terrain privilégié pour des actions humanitaires, ce qui justifie la présence de bon nombre d’ONG. Ces dernières à majorité financées par les Nations Unies, agissent dans différentes actions humanitaires en faveur de la population.

Ainsi, il n’est pas étonnant que certains scientifiques parlent de l’ONGisation de la RD Congo. On y trouve des centaines d’ONG avec une tendance à la hausse pour chaque année.

La présence d'organisations non gouvernementales reste un atout pour la situation politique de la RD Congo, mais aussi pour la science. Sur le plan politique, ces ONG favorisent l’expression de la femme, le respect de droit de l’homme, bref un lieu d'expression d'identités locales fortes. Pourrions-nous dire aujourd’hui que les ONG font changer les discours des gouvernants.

Sur le plan scientifique, ces ONG par l’apport des ouvrages et articles, des recherches, l’organisation des conférences et les opportunités offerts aux chercheurs, font parler particulièrement de l’anthropologie.

A travers cet article, nous voulons offrir notre contribution sur les enjeux de la collaboration entre les scientifiques, les ONG et les media en DRC. Nous nous interrogerons et chercherons à savoir quel est le bénéfice de l’anthropologie dans cette coopération entre ONG et la recherche en sciences sociales.