KAPANGA KULE Serge

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L’apport des ONG et des médias à l’intégration des soins de santé mentale dans le plan national de développement sanitaire en République Démocratique du Congo.

Référence bibliographique:

KAPANGA KULE Serge «L’apport des ONG et des médias à l’intégration des soins de santé mentale dans le plan national de développement sanitaire en République Démocratique du Congo.», Le Carrefour Congolais, 1,  2019, p.48-63

 

Introduction

La santé est définie par l’OMS, en 1946, comme un «état complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Cette définition, est d’actualité. La santé mentale à cet effet est l’une des composantes de la santé à la lumière de la définition de l’OMS étant une composante de première importance de la santé, l’une des conséquences est que la santé mentale évoque beaucoup plus que la simple absence de troubles et/ou de handicaps mentaux. De ce fait, nous pouvons élargir la portée de la santé mentale en citant la définition de l’OMS spécifiant que : « La santé mentale est un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté » (OMS, 2010).

En outre, on comprend de plus en plus combien il n’est pas possible de dissocier la santé mentale de la santé physique, leurs conséquences réciproques étant profondes et complexes.

Notons qu’en 2007 déjà, près de 54 millions d'habitants de notre planète étaient atteints de troubles mentaux graves tels que la schizophrénie et les troubles bipolaires (psychose maniacodépressive) en plus des 154 millions souffrant de dépression. Aujourd’hui, 13% de la charge de morbidité mondiale sont imputés à l’ensemble des troubles mentaux, neurologiques et liés à l’utilisation de substances psycho-actives ; dont la dépression représente 4,3% avec 11% du total des années de vie avec incapacité dans le monde (OMS, 2012).

Dans les pays en développement, où ils sont la conséquence de conditions persistantes engendrées par la pauvreté, la transition démographique, les conflits au sein d'Etats fragiles et les catastrophes naturelles, les troubles mentaux sont en augmentation de manière disproportionnée.

En RDC, la crise sociopolitique qu’a connue le pays sur plus de 10 ans a eu pour conséquences de multiples deuils, des déplacements et une paupérisation de la population dont le retentissement est, entre autres, la détérioration significative de la santé mentale.

Considérant ces définitions et la charge de morbidité des troubles mentaux qui ne cesse d’augmenter, surtout dans les pays en développement parmi lesquels la RDC, est essentiel qu’un processus d’intégration de la santé mentale soit pensé puis mis en œuvre pour atteindre cet état de bien-être mentionné plus haut.

Dans cet article, nous parlerons du niveau d’intégration de la santé mentale dans la santé en général en RDC, des conditions de faisabilité ou d’amélioration de cette faisabilité en rapport avec ladite intégration et des enjeux qu’elle soulèverait, nous ne pourrons voir et éclairer le niveau d’opérationnalisation de cette intégration de la santé mentale dans les prochaines politiques nationales de santé qu’avec l’implication des ONG et des médias.